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Fiche 12

L’Espadon

Xiphias gladius Linnaeus, 1758

Famille des Xiphiidae • le porte-glaive solitaire des grands fonds

Planche d’identification : L’Espadon
Planche validée 2026
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Carte d’identité
Nom françaisEspadon.
Nom scientifiqueXiphias gladius Linnaeus, 1758
FamilleFamille des Xiphiidae
Nom anglais (FAO)Swordfish
Noms locauxSur les marchés et débarcadères ivoiriens : « Poisson épée » (Ouattara et al., 2016).
MilieuGrand prédateur pélagique océanique, solitaire, qui chasse de la surface jusqu’à plus de 500 m de fond, exceptionnellement bien plus profond.
Statut IUCNNT Quasi menacé. Voir corps de fiche.

Identification

Corps allongé, rond et puissant, sans aucune nageoire pelvienne, caractère qui le sépare immédiatement des marlins et voiliers. Le rostre, long et aplati comme une lame de sabre, occupe près du tiers de la longueur et lui vaut son nom. Première dorsale haute et faucille, bien séparée d’une seconde minuscule. Grands yeux. Dos brun-noir virant au clair sur les flancs. L’adulte perd dents et écailles. Il se distingue des Istiophoridae, marlins et voiliers, par l’absence de nageoires pelviennes et un rostre plus long et plat.

Les caractères qui ne trompent pas

Rostre long et aplati en lame, jusqu’au tiers de la longueur du corps.

Aucune nageoire pelvienne, contrairement aux marlins et voiliers.

Première dorsale haute en faucille, nettement séparée de la seconde, très petite.

Adulte sans dents ni écailles, très grands yeux.

Taille et poids

Taille commune autour de 3 m. Longueur maximale publiée environ 4,55 m, pour un poids maximal de l’ordre de 650 kg (FishBase). Les femelles sont plus grandes que les mâles. La plupart des prises ivoiriennes vont de 20 à 100 kg.

Comportement et écologie

Grand prédateur pélagique océanique, solitaire, qui chasse de la surface jusqu’à plus de 500 m de fond, exceptionnellement bien plus profond. Chasseur surtout nocturne, il sabre ses proies, poissons et calmars, d’un coup de rostre pour les étourdir avant de les avaler.

Espèce hautement migratrice, présente dans toutes les eaux tropicales et tempérées, capable de supporter des eaux fraîches grâce à un organe qui réchauffe son cerveau et ses yeux. Au large de la Côte d’Ivoire, il est surtout capturé par la palangre dérivante et, plus rarement, à la pêche sportive de nuit. Statut IUCN quasi menacé, évaluation de mai 2021 : espèce de haute valeur, sous pression de la palangre, gérée par l’ICCAT pour l’Atlantique.

Reproduction et saison

Ponte en eau libre chaude, dans la couche de surface, œufs et larves pélagiques. Maturité tardive, autour de 1,5 à 2 m. Croissance des otolithes difficile à lire, l’âge se déduit des rayons de nageoire.

Pratique de pêche

Techniques, de la plus à la moins efficace

La dérive de nuit à l’appât. C’est la pêche sportive historique de l’espadon, qui remonte la nuit vers la surface pour chasser. Plusieurs lignes descendent à des profondeurs étagées, de 30 à 120 m environ, chacune avec un calmar entier et un bâton lumineux ou un flash. Le bateau dérive lentement, de 0,5 à 1,5 nœud, et l’on contrôle souvent l’état des appâts.

Le deep-dropping de jour. Le jour, l’espadon se tient près du fond, vers 430 à 550 m sur les tombants du talus : on vient l’y chercher avec une seule ligne lestée, descendue au moulinet électrique. La technique est exigeante mais très efficace, et elle se pratique en plein jour.

La palangre dérivante de nuit. C’est la méthode commerciale dominante au large de la Côte d’Ivoire ; elle ne concerne pas le pêcheur sportif, mais elle explique la plupart des espadons vendus sur les marchés.

La traîne profonde lestée, plus rare, pour des sujets actifs repérés près de la surface.

Le montage du deep-dropping, pièce par pièce

  • Corps de ligne : tresse de 65 à 80 lb (30 à 36 kg), fine pour bien tenir le fond malgré le courant.
  • Bas de ligne à enrouler (wind-on) en monofilament de 250 à 400 lb (115 à 180 kg).
  • Lest de 4,5 à 7 kg, attaché par une boucle de fil cassant de 20 à 25 lb : le lest se décroche au combat et le poisson se bat sans ce poids.
  • Un ou deux flashs ou bâtons lumineux, à quelques mètres au-dessus de l’appât.
  • Hameçon circulaire 9/0 à 11/0, ou hameçon droit 10/0 à 11/0 selon les écoles.
  • Appât : lanière de ventre de bonite, de thonine ou de coryphène, ou calmar, toujours cousu sur l’hameçon, car l’espadon frappe l’appât plusieurs fois avant de l’avaler.

Le geste juste

En profondeur, la touche est discrète : on surveille le rythme du scion avec la houle, et le moindre changement compte. À la touche, on redescend vite au fond pour que le poisson s’engage ; si la ligne se détend, on récupère, car l’espadon monte souvent avec l’appât. Le frein se règle autour de 9 kg avec le lest, jusqu’à 14 kg au besoin, puis on le réduit quand le lest est tombé.

Le combat : adversaire mythique de la pêche au gros, départs profonds, coups de rostre, sauts puissants. Réputé pour son endurance et sa combativité, il exige un matériel lourd.

Qualité culinaire

Chair blanche à rosée, ferme et dense, à grain serré, presque sans arêtes. Excellente en darnes grillées ou poêlées. À surveiller pour la teneur en mercure des très gros sujets, comme tous les grands prédateurs longévifs.

Espèces démersales profondes | Fiche complémentaire

Sources : FishBase (Xiphias gladius, Linnaeus 1758) ; IUCN Red List 2021, quasi menacé ; FAO Billfishes of the World, Nakamura 1985 ; ICCAT ; Ouattara et al. 2016. Techniques et montages (2026) : ICCAT, recommandations 15-03 (espadon de l’Atlantique Sud), 16-11 (voilier) et 19-05 (marlins) ; On The Water, « Daytime Swordfish » ; West Marine, « How to Catch Swordfish » ; AFTCO, « Best Marlin Lure Spread », capitaine Peter B. Wright ; George Poveromo, « Types of Trolled Ballyhoo Rigs » (consultés le 26/10/2026).

Montage recommandé · L’Espadon
Schéma numéroté : Deep-drop de jour à l’espadon
Deep-drop de jour à l’espadon
  1. Canne de classe 80 à 100 lb à scion souple
  2. Moulinet électrique
  3. Corps de ligne : tresse 65 à 80 lb (30 à 36 kg)
  4. Bas de ligne wind-on en monofilament 250 à 400 lb (115 à 180 kg)
  5. Fil cassant 20 à 25 lb : le lest se décroche au combat
  6. Lest de 4,5 à 7 kg
  7. Un ou deux flashs ou bâtons lumineux, à quelques mètres au-dessus de l’appât
  8. Hameçon circulaire 9/0 à 11/0 (ou droit 10/0 à 11/0)
  9. Lanière de ventre de bonite, de thonine ou de coryphène, cousue
Schéma numéroté : Dérive de nuit à l’espadon
Dérive de nuit à l’espadon
  1. Bateau en dérive lente, 0,5 à 1,5 nœud
  2. Lignes étagées de 30 à 120 m environ
  3. Bas de ligne 150 à 300 lb (70 à 135 kg)
  4. Bâton lumineux ou flash
  5. Hameçon circulaire 9/0 à 11/0
  6. Calmar entier

Les numéros du dessin renvoient à la liste. Les valeurs (diamètres, tailles, poids) sont celles de la fiche.