Poissons et pêchede Côte d’Ivoire et du golfe de Guinée FREN
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Fiche 13

Le Merlu

Merluccius polli Cadenat, 1950

Famille des Merlucciidae • le gadiforme argenté du talus continental

Planche d’identification : Le Merlu
Planche de l’édition V13, en cours de revue

Identification

Corps allongé, élancé et légèrement comprimé, d’aspect argenté. Grosse tête au museau large, vaste bouche terminale à mâchoire inférieure proéminente, garnie de plusieurs rangées de fortes dents. Deux nageoires dorsales, la première courte et triangulaire, la seconde longue et basse courant presque jusqu’à la queue ; une longue anale qui lui répond ; petite caudale tronquée nettement séparée de ces deux nageoires. Dos gris ardoise à noirâtre, flancs argentés à reflets métalliques, ventre blanc, intérieur de la bouche noir, ligne latérale sombre bien marquée. Se distingue du Merlu du Sénégal, Merluccius senegalensis, par le nombre de branchiospines et la position de l’anus.

Les caractères qui ne trompent pas

Deux dorsales nettes : une première courte et triangulaire, une seconde longue et basse jusqu’à la queue.

Grande bouche terminale, mâchoire inférieure saillante, intérieur noir et fortes dents pointues.

Caudale petite et tronquée, bien séparée de la deuxième dorsale et de l’anale.

Corps argenté, dos gris ardoise, ligne latérale sombre très visible.

Taille et poids

Taille commune de 30 à 60 cm, longueur maximale publiée autour de 1 m pour quelques kilos. Les femelles atteignent de plus grandes tailles que les mâles. La plupart des captures ivoiriennes vont de 30 à 50 cm.

Comportement et écologie

Poisson démersal à bentho-pélagique du talus continental, vivant surtout entre 100 et 700 m de profondeur sur fonds de vase et de sable vaseux. Prédateur actif qui chasse poissons (sardinelles, anchois, petits gobies), céphalopodes et crustacés, montant la nuit dans la colonne d’eau pour se nourrir.

Réparti de la Mauritanie à l’Angola, abondant au large des pays du golfe de Guinée. Au large de la Côte d’Ivoire, il est surtout capturé par les chalutiers profonds opérant sur le talus, plus rarement à la palangre de fond. Ressource importante de la pêche industrielle, sensible à la pression du chalutage profond ; statut IUCN à confirmer pour la région.

Reproduction et saison

Ponte en eau profonde, étalée sur une grande partie de l’année avec un ou deux pics liés aux remontées d’eau froide, l’upwelling. Œufs et larves pélagiques. Maturité atteinte autour de 25 à 35 cm.

Pratique de pêche

Techniques, de la plus à la moins efficace

Au chalut de fond profond sur le talus, méthode commerciale dominante.

À la palangre de fond appâtée, sardine ou calmar, déposée sur les fonds vaseux profonds.

À la ligne de fond lestée, plus marginale, pour les sujets actifs de nuit.

L’intérêt : espèce avant tout commerciale, peu recherchée en pêche sportive du fait de sa vie profonde. Sa valeur tient à la qualité de sa chair, davantage appréciée à l’étal qu’au bout de la ligne.

Qualité culinaire

Chair blanche, fine, tendre et fondante, à grain délicat et pauvre en arêtes. Excellente en filets au four, pochée ou panée, et base de nombreuses préparations. Se conserve bien congelée mais s’altère vite au frais : à consommer rapidement.

Sources : FishBase (Merluccius polli, Cadenat 1950) ; FAO Species Catalogue, Gadiform Fishes of the World, Cohen et al. 1990 ; Centre de Recherches Océanologiques (CRO), Abidjan ; IUCN Red List.